09.06.2009
STRATES
Pour Guillaume.
STRATES
1/Strates en l'homme
Faire "communiquer ses aquariums", c'est-à-dire synchroniser lignes de gnose, lignes de conduite et lignes d'affects, c'est coupler ses machines.
Machine de guerre/machine stratège, machine aimante/désirante, machine essence/parties coextensives se couplent pour créer un rapport au monde complet.
Couplez vos machines. Devenez humains.
Les machines binaires n'existent plus en tant que telles. Nous ne devrions plus avoir à craindre pour nos devenirs.
Le temps de l'arborescence brute est révolu. L'homme a concu pour cela des AI ascendantes imago. Couches neuronales superposées pour décupler les possibles. Il ne s'agit plus SEULEMENT de déterminer si 0 ou 1.
2/Strates des champs de connaissance.
Les champs de connaissance se sont eux aussi superposés. L'information coule à flot, elle a perdu son statut de valeur marchande. Elle est devenue inquantifiable et, par un effet retors, incartable. Les parcours d'apprentissage sont désormais, pour les nouveaux chercheurs d'or, superficiels dans le fond et la forme. Il n'y a plus de processus d'acquisition. Il n'y a que des individus incarnés dès leur naissance dans un corps-culture qui ne leur appartient pas et qui n'est au final qu'une enveloppe vide.
Pourtant le contenu de l'information n'a que peu évolué. Il s'est simplement dilué à travers de nouveaux médias/médiums. No work in progress."La vérité a toujours dit la même chose, de mille manières". On craint le pire: les forcenés d'un idéal de culture en service rapide confondent diffusion et dilution.
"La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas saisie"
Jean l'évangéliste peut enfin se retourner dans sa tombe: la profusion de lumière provoque un aveuglement au moins semblable aux ténèbres.
La strate est bonne en l'homme, elle est nocive dans ses rapports au savoir. Ce qui devrait composer un équilibre (pluralité des devenirs, pluralité des champs de connaissance) ne compose rien. Au contraire cette dualité définit le terible profil d'une époque: l'inertie. Il paraît loin le temps où l'homme dirigeait ses parties coextensives vers le dehors afin de retirer du choc quelque chose le caractérisant. Aujourd'hui tout semble le caractériser. Il est tube vide, rempli de toute idée existante. Synthèse du tout qui n'apporte rien, golem d'un ensemble creux. Au coeur du vacarme, silence radio.
Le nouvel Adam devrait pourtant être un anti-golem. Le golem de Prague=0 possibles et une seule ligne de conduite gravée sur son front: Aleph/Meth, vérité et mort. Adam contient aussi ces deux lettres, tempérées toutefois par Dameth, la porte, le lien. Le désastre est que le nouvel Adam n'ouvre cette porte que sur lui-même. Le nouvel Adam est passif. Il a perdu le gout de la quête. Il recoit passivement l'information en flot continu. Il n'aiguise plus ses propres possibles, pourtant omniprésents, il les
retourne sur lui. Tournant en circuit fermé, il se gangrène, et alimente la psychiatrie, qui se frotte les mains.
3/ Et l'Autre ?
Narcisse: Puis-je mourir avant que je te donne tout pouvoir sur moi...
Echo:...je te donne tout pouvoir sur moi.
Echo vit dans des antres solitaires. Et cependant son amour est tenace et s'accroche à l'amertume du refus. Toute l'essence de son corps se dissipe dans les airs. Seule la voix est intacte. Mais elle est entendue de tous: c'est le
son qui est encore vivant en elle.
Echo à l'ère de l'internet, c'est l'incarnation parfaite du Corps sans organes. La voix seule porte. A travers les flux et les reflux continuels, l'amour d'Echo pour Narcisse est une arme contre l'entropie.
Alors, Quid de l'Autre ? Celui que j'ai choisi, et qui va me choisir en aveugle ?
"Je ne regarde plus dans les yeux de la femme que je tiens
dans mes bras, mais je traverse à la nage, tête, bras et jambes en entier, et je
vois que derrière les orbites de ces yeux s'étend un monde inexploré, monde
des choses futures, et de ce monde toute logique est absente...l'oeil, libéré du
soi, ne révèle ni n'illumine plus, il court le long de la ligne d'horizon, voyageur
éternel et privé d'informations...j'ai brisé le mur que crée la naissance
et le tracé de mon voyage est courbe et fermé, sans
rupture..."
henry miller.
Faire l'amour avec l'être qui mérite cet amour, sans même chercher à y discerner "une vérité de l'être" c'est l'une des épiphanies pures et irréductibles de la vie. S'il existe une seule religion dans l'univers, elle doit englober ce contact vrai ou rester vaine à jamais. Parce que c'est l'une des rares récompenses de la condition humaine, qui compense la douleur, les pertes, la balourdise, la lourdeur.
La tendresse absolue, émouvante et suffisante de sa seule présence, ma seule solitude habitable, il l'a habitée.
La voilà donc, ma tribu, le faune qui peuple mon ascèse et se dresse en moi au levant. Qu'il sur-forge ou réduise, peut-être, à une trop simple expression, mon regard sur le monde, ça n'a pas d'importance. "Chacun passe par tant de corps en chacun" dirait Deleuze.
C'est lui qui m'a faite louve, nichée dans la meute et hors d'elle à la fois, liée et solitaire. Anomale.
Faire "communiquer ses aquariums", c'est-à-dire synchroniser lignes de gnose, lignes de conduite et lignes d'affects, c'est coupler ses machines.
Machine de guerre/machine stratège, machine aimante/désirante, machine essence/parties coextensives se couplent pour créer un rapport au monde complet.
Couplez vos machines. Devenez humains.
Les machines binaires n'existent plus en tant que telles. Nous ne devrions plus avoir à craindre pour nos devenirs.
Le temps de l'arborescence brute est révolu. L'homme a concu pour cela des AI ascendantes imago. Couches neuronales superposées pour décupler les possibles. Il ne s'agit plus SEULEMENT de déterminer si 0 ou 1.
2/Strates des champs de connaissance.
Les champs de connaissance se sont eux aussi superposés. L'information coule à flot, elle a perdu son statut de valeur marchande. Elle est devenue inquantifiable et, par un effet retors, incartable. Les parcours d'apprentissage sont désormais, pour les nouveaux chercheurs d'or, superficiels dans le fond et la forme. Il n'y a plus de processus d'acquisition. Il n'y a que des individus incarnés dès leur naissance dans un corps-culture qui ne leur appartient pas et qui n'est au final qu'une enveloppe vide.
Pourtant le contenu de l'information n'a que peu évolué. Il s'est simplement dilué à travers de nouveaux médias/médiums. No work in progress."La vérité a toujours dit la même chose, de mille manières". On craint le pire: les forcenés d'un idéal de culture en service rapide confondent diffusion et dilution.
"La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas saisie"
Jean l'évangéliste peut enfin se retourner dans sa tombe: la profusion de lumière provoque un aveuglement au moins semblable aux ténèbres.
La strate est bonne en l'homme, elle est nocive dans ses rapports au savoir. Ce qui devrait composer un équilibre (pluralité des devenirs, pluralité des champs de connaissance) ne compose rien. Au contraire cette dualité définit le terible profil d'une époque: l'inertie. Il paraît loin le temps où l'homme dirigeait ses parties coextensives vers le dehors afin de retirer du choc quelque chose le caractérisant. Aujourd'hui tout semble le caractériser. Il est tube vide, rempli de toute idée existante. Synthèse du tout qui n'apporte rien, golem d'un ensemble creux. Au coeur du vacarme, silence radio.
Le nouvel Adam devrait pourtant être un anti-golem. Le golem de Prague=0 possibles et une seule ligne de conduite gravée sur son front: Aleph/Meth, vérité et mort. Adam contient aussi ces deux lettres, tempérées toutefois par Dameth, la porte, le lien. Le désastre est que le nouvel Adam n'ouvre cette porte que sur lui-même. Le nouvel Adam est passif. Il a perdu le gout de la quête. Il recoit passivement l'information en flot continu. Il n'aiguise plus ses propres possibles, pourtant omniprésents, il les
retourne sur lui. Tournant en circuit fermé, il se gangrène, et alimente la psychiatrie, qui se frotte les mains.
3/ Et l'Autre ?
Narcisse: Puis-je mourir avant que je te donne tout pouvoir sur moi...
Echo:...je te donne tout pouvoir sur moi.
Echo vit dans des antres solitaires. Et cependant son amour est tenace et s'accroche à l'amertume du refus. Toute l'essence de son corps se dissipe dans les airs. Seule la voix est intacte. Mais elle est entendue de tous: c'est le
son qui est encore vivant en elle.
Echo à l'ère de l'internet, c'est l'incarnation parfaite du Corps sans organes. La voix seule porte. A travers les flux et les reflux continuels, l'amour d'Echo pour Narcisse est une arme contre l'entropie.
Alors, Quid de l'Autre ? Celui que j'ai choisi, et qui va me choisir en aveugle ?
"Je ne regarde plus dans les yeux de la femme que je tiens
dans mes bras, mais je traverse à la nage, tête, bras et jambes en entier, et je
vois que derrière les orbites de ces yeux s'étend un monde inexploré, monde
des choses futures, et de ce monde toute logique est absente...l'oeil, libéré du
soi, ne révèle ni n'illumine plus, il court le long de la ligne d'horizon, voyageur
éternel et privé d'informations...j'ai brisé le mur que crée la naissance
et le tracé de mon voyage est courbe et fermé, sans
rupture..."
henry miller.
Faire l'amour avec l'être qui mérite cet amour, sans même chercher à y discerner "une vérité de l'être" c'est l'une des épiphanies pures et irréductibles de la vie. S'il existe une seule religion dans l'univers, elle doit englober ce contact vrai ou rester vaine à jamais. Parce que c'est l'une des rares récompenses de la condition humaine, qui compense la douleur, les pertes, la balourdise, la lourdeur.
La tendresse absolue, émouvante et suffisante de sa seule présence, ma seule solitude habitable, il l'a habitée.
La voilà donc, ma tribu, le faune qui peuple mon ascèse et se dresse en moi au levant. Qu'il sur-forge ou réduise, peut-être, à une trop simple expression, mon regard sur le monde, ça n'a pas d'importance. "Chacun passe par tant de corps en chacun" dirait Deleuze.
C'est lui qui m'a faite louve, nichée dans la meute et hors d'elle à la fois, liée et solitaire. Anomale.
17:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire